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C’est comme si, à une époque très, très lointaine, l’Etre suprême eût ordonné à toute vie : « Survis ! ». Il ne fut pas dit comment survivre, ni pour combien de temps survivre. Tout ce qui fut dit était : « Survis ! » Le contraire de survivre est « succomber ». C’est la sanction qui frappe celui qui ne s’engage pas dans des actions de survie.
Mais que dire de choses telles que les murs, les idéaux, l’amour ? Ne sont-elles pas supérieures à la « simple survie » ? Malheureusement ou heureusement, elles ne le sont pas.
Lorsque l’on pense à la survie, on risque de commettre l’erreur de ne penser qu’au « strict minimum ». Cela n’est pas la survie, car il n’y a aucune marge en cas d’échec.
L’ingénieur qui construit un pont utilise ce qu’on appelle une « marge de sécurité ». Si le pont doit supporter dix tonnes, il le construit pour supporter cinquante tonnes. Il le rend cinq fois plus solide. De cette façon, il a une marge pour pallier à la détérioration du matériau, à la surcharge, à la tension soudaine et imprévue exercée par les éléments et à tout accident susceptible de se produire.
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